Cette organisation de l’habitat vient sans doute de l’installation progressive de maisons et de fermes sous la haute tutelle du château de Bonneville-sur-Touques, la puissante forteresse qui fit la gloire et la renommée du lieu.
Dans les petites agglomérations médiévales, les voies n’excédaient généralement pas quatre ou cinq mètres de large.
En l’absence d’un véritable plan d’urbanisme, les ruelles, impasses, venelles, passages sous maisons (comme celui-ci qui mène du lavoir aux halles) proliféraient, créant un enchevêtrement labyrinthique.
Avant le XIIIème siècle, peu de rues portaient un nom : Grand’ Rue, Haute Rue, Basse Rue suffisaient à désigner les axes principaux. Les habitants se repéraient grâce aux enseignes, aux fontaines, aux bâtiments publics et religieux.
Tout au long de la rue centrale, des rues et passages adjacents, nous rencontrons de nombreuses maisons à pans de bois qui conservent leur caractère typiquement Augeron à Touques.
Matériaux et techniques
La forêt proche fournissait le matériau de construction le plus facile à mettre en œuvre et le moins cher. En Pays d’Auge, le pan de bois est employé dans toutes les catégories de construction, du simple bâtiment d’exploitation agricole au logis noble en passant par la demeure urbaine. Les édifices en briques coexistent car il y avait plusieurs briquetteries dans les alentours.
Une maison à colombages ou maison à pans de bois (expression plus adaptée lorsque la maison est à plusieurs étages), est une maison constituée de deux éléments principaux. Les poutres principales, maîtresses et de forte section, forment un squelette solidaire de la charpente, l’ossature, qui sera complétée par une armature de pièces de bois secondaire, le colombage, le tout garni d’un matériau de remplissage, le torchis.
Les maisons ordinaires, aux murs à colombages, sont assez étroites, avec une ou deux fenêtres par étage, serrées les unes contre les autres. Constituées d’un rez-de-chaussée de pierres et de trois ou quatre étages de bois et de torchis, elles sont desservies par un escalier à vis. La couverture du toit est faite de chaume ou de lattes de bois. Il y a de gros risques d’incendies, d’autant plus que les maisons sont en bois. Les habitants doivent éteindre les lumières lorsque sonne le couvre-feu.

